Nyondo (force de transformation du bété)
Le pouvoir dangereux et concentré qui, selon les croyances, habite le masque Bété *gre* et les objets apparentés, permettant au porteur d'agir au nom de la communauté dans les domaines de la guerre, de la justice et de la protection.
Nyondo désigne la force puissante et dangereuse que les Bété considèrent comme résidant dans les masques gre activés et les objets rituels connexes. Il ne s'agit pas d'un principe abstrait, mais d'un pouvoir concentré et transférable qui passe du masque à son porteur au cours de la représentation, permettant des actions - la conduite de la guerre, l'exécution des sanctions communautaires, la répulsion des forces hostiles - qui dépassent les capacités humaines ordinaires. La férocité visuelle du masque gre est comprise comme la matérialisation et le confinement du nyondo dans le bois : les yeux saillants, les dents nues et les sourcils gonflés ne sont pas des choix décoratifs mais des stratégies formelles pour retenir et projeter cette force. Les chercheurs s'accordent à considérer le nyondo comme fonctionnellement comparable au concept de nyama documenté chez les peuples de langue mandingue au nord, bien que les deux traditions soient linguistiquement et historiquement distinctes.
Pour les collectionneurs, le concept de nyondo est directement lié à l'évaluation de l'état de conservation : la surface sombre et incrustée d'un masque gre n'est pas de la saleté à nettoyer, mais le résidu matériel de l'activation du nyondo - sang sacrificiel, huile de palme, charbon de bois et substances végétales appliqués au cours d'années ou de décennies d'utilisation rituelle. Le nettoyage ou le dégraissage d'une telle surface détruit non seulement la patine, mais aussi la principale preuve d'une utilisation authentique. Les masques qui conservent cette accumulation dans leur état d'origine, non perturbé, sont beaucoup plus riches en informations sur l'histoire de l'art que les exemples restaurés de manière cosmétique, et leur état devrait être documenté et préservé plutôt que d'être remédié.