Ngombi (harpe sacrée arquée)
La harpe voûtée sacrée de la cérémonie Tsogho *Bwiti*, qui se distingue par un embout sculpté et peint à tête de femme au niveau du manche et qui est jouée exclusivement par les initiés masculins pendant les veillées nocturnes.
Le ngombi est le principal instrument de musique du cycle cérémoniel Tsogho Bwiti. Il s'agit d'une harpe arquée comportant entre six et huit cordes et dont le manche se termine par une tête de femme sculptée dans le style Tsogho caractéristique : visage concave en forme de cœur, crâne bombé et peinture polychrome rouge, blanche et noire. L'instrument est joué par un initié spécialisé (joueur de ngombi) tout au long de la cérémonie qui dure toute la nuit, son son étant compris comme la voix d'une ancêtre féminine qui sert de médiateur entre les vivants et les morts.
En tant qu'objet d'art, le ngombi est évalué en fonction de la qualité du fleuron sculpté, de l'intégrité des attaches originales du chevalet et du résonateur, et de l'authenticité de la surface peinte. Louis Perrois a documenté des exemples de ngombi dans des musées et des collections privées dans ses études sur l'art gabonais. Les copies destinées au marché touristique - produites en grand nombre à partir du début du XXe siècle - se caractérisent généralement par un fleuron peu profond et grossièrement rendu, des pigments synthétiques et l'absence de toute trace de fibre ou de peau dans les résonateurs. Les collectionneurs doivent distinguer les ngombi tsogho des harpes superficiellement similaires des Fang ou des Komo (République démocratique du Congo), qui diffèrent par la construction, le style de l'épi et le contexte rituel.