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Notes

SENUFO Pendentif abstrait en fer avec cadre en diamant (Fono-Gilde, Côte d'Ivoire, 1ère moitié du 20e siècle, 23 cm)

Ce fer de 23 cm est forgé en une forme géométrique ouverte en losange, suspendue à une tige verticale centrale qui se termine par des crochets torsadés entourés d'un fin fil métallique. Le fer présente une oxydation sèche, très stable, de couleur brun foncé.

1. Style esthétique - la ferronnerie linéaire et la corporation fono

Dans la société Senufo, les forgerons (la caste d'artisans Fono ou Fonombele) sont très respectés et redoutés pour leur capacité à maîtriser les éléments transformateurs que sont la terre et le feu. Ce pendentif abstrait en fer montre leur remarquable maîtrise de l'espace linéaire. L'objet est totalement dépourvu de masse physique et s'appuie entièrement sur la tension des lignes forgées pour créer un cadre de diamant ouvert. L'enroulement complexe des connexions structurelles avec un fil métallique fin confère au lourd métal utilitaire une précision délicate, semblable à celle d'un bijou.

2. Fonction rituelle - magie apotropaïque et le yawiige

Les amulettes géométriques en fer comme celle-ci, souvent appelées communément Yawiige (bien que ce terme s'applique à de nombreux ornements en laiton/fer), sont étroitement liées à la divination Senufo et à la société secrète Poro. Ce lourd pendentif était commandé par un devin Sandogo pour protéger un client contre les esprits malveillants de la brousse (ndebele) ou la sorcellerie, et était porté près du corps ou suspendu à un sanctuaire personnel. Le fer est apotropaïque par nature ; on pensait que sa géométrie rigide et tranchante agissait comme un bouclier spirituel qui détournait les malédictions et ancrait la force vitale de celui qui le portait.

3. Patine physique - maturation oxydée et intégrité archivistique

La patine de ce pendentif en fer suggère qu'il s'agit d'un objet qui a été activement traité et entretenu. Au lieu de la rouille bouillonnante et destructrice du fer enterré, cette pièce présente une oxydation lisse, profondément durcie et de couleur brun foncé. Les délicats enroulements de fil de fer autour des articulations sont restés très bien préservés, ce qui suggère que l'objet a été conservé à l'abri dans la maison ou porté sur le corps, favorisant l'absorption d'huiles corporelles qui l'auraient protégé de la détérioration environnementale. Il se présente comme un témoin préservé de la métallurgie ivoirienne du début du XXe siècle.

Résumé

Ce pendentif en fer sénoufo est un exemple caractéristique de l'habileté rectiligne des forgerons de Fono et présente une tension géométrique ouverte frappante. Son oxydation stable et profondément trempée et ses enroulements de fil intacts sont cohérents avec l'usage d'un outil actif de la magie apotropaïque du début du 20e siècle.

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