Ce que cet objet nous raconte.
Ancrée dans les recherches de terrain, les fonds muséaux et la littérature spécialisée — racontée avec respect pour le contexte dans lequel cet objet a vu le jour.
IGBO Agbogho Mmwo Maiden Spirit Helmet Mask with Openwork Crest (Nigeria, 1ère moitié du 20e siècle, 56 cm)
Ce magnifique masque de casque en bois de 56 cm présente un visage allongé peint en blanc avec une délicate scarification en forme de croix sur le front, surmontée d'une structure ajourée incroyablement complexe et haute avec des anneaux sculptés. Le masque a conservé ses franges originales en tissu et en fibres multicolores, fortement vieillies.
1. Style esthétique - esthétique de l'esprit de la Vierge et Agbogho Mmwo
Ce masque de casque spectaculaire représente l'Agbogho Mmwo (esprit de la vierge), une tradition classique de mascarade igbo qui célèbre la beauté et la pureté féminines idéalisées. Le sculpteur a exécuté de main de maître les traits fins et élancés du visage, les yeux délicats en forme de fente et la scarification Ichi précise en forme de croix sur le front. Mais la véritable virtuosité réside dans le blason ajouré qui s'élève très haut. Cette structure complexe et bombée imite les coiffures élaborées et relevées que les jeunes filles igbo portaient autrefois lors des cérémonies de passage à l'âge adulte et témoigne d'une grande ambition sculpturale.
2Ème fonction rituelle - résurrection des ancêtres
Bien qu'ils représentent la beauté féminine, les masques Agbogho-Mmwo étaient exclusivement portés par des hommes vêtus de combinaisons moulantes et colorées avec des applications. Lors de leurs apparitions pendant la saison sèche et lors des funérailles de membres éminents de la société, les maquilleurs imitent les mouvements exagérés et gracieux des jeunes femmes. Le visage blanc, recouvert d'argile kaolinique, signifie qu'il s'agit d'un esprit du royaume des ancêtres (le monde des morts) qui revient au village pour bénir la communauté, assurer la fertilité agricole et accompagner les âmes des défunts récents.
3. Patine physique - dégradation des pigments et ancienneté des textiles
L'ancienneté du masque du début du 20e siècle est confirmée de manière impressionnante par les éléments de mixité conservés. La teinte blanche du kaolin et les pigments rouges et noirs sur le sommet haut perché ont pénétré profondément dans le bois sec et poreux et présentent une douce décoloration organique et des traces d'utilisation sur les bords. Incroyablement, le masque a conservé son tissu tissé épais et ses franges en fibres organiques qui devaient cacher le cou du danseur. Ces textiles sont fortement desséchés, poussiéreux et raidis par l'âge, ce qui confirme l'intégrité ethnographique complète et non restaurée du masque.



