Ce que cet objet nous raconte.
Ancrée dans les recherches de terrain, les fonds muséaux et la littérature spécialisée — racontée avec respect pour le contexte dans lequel cet objet a vu le jour.
IBIBIO Idiok Masque (sur Metra Socle)
Un petit masque Ibibio idiok très expressif (1ère moitié du 20e siècle, 17 cm) du Nigeria - un visage très déformé et asymétrique avec une mâchoire gonflée et tordue, un nez aplati et des orbites profondément enfoncées. Le bois lourd et dense est entièrement recouvert d'une épaisse patine sacrificielle noircie, fortement oxydée et croûteuse.
1. L'esthétique Idiok Ekpo de la maladie
La tradition des masques des Ibibio se divise en deux catégories : les masques mfon beaux et sereins (qui représentent les bons ancêtres) et les masques idiok horribles et défigurés.
- Asymétrie volontaire: Les sculpteurs violent délibérément la symétrie pour représenter les ravages des maladies - notamment la lèpre, la mâchoire ou la gangosa (syphilis qui détruit les os).
- Avertissement visuel: La bouche tordue et le nez affaissé sont magistralement exécutés pour évoquer la souffrance physique et la malignité - ils servent d'avertissement visuel viscéral à la communauté.
2. Le contrôle social et les morts errants
La société Ekpo utilisait ces masques idiok pour représenter les âmes errantes de personnes mortes de mort violente, ayant commis des péchés graves ou s'étant vu refuser une sépulture appropriée.
- Danseur dangereux: Dansé avec des mouvements agressifs et imprévisibles, le porteur de ce masque était considéré comme extrêmement dangereux.
- Faire respecter les tabous par la terreur: Ils surveillaient le village, faisaient respecter les lois sociales par la terreur et rappelaient aux vivants les terribles conséquences de la violation des tabous - on croyait que le masque lui-même contenait l'énergie volatile de ces esprits malveillants.
3. Patine noire épaisse et entretien du sanctuaire
La surface de ce masque de 17 cm est époustouflante.



