Ce que cet objet nous raconte.
Ancrée dans les recherches de terrain, les fonds muséaux et la littérature spécialisée — racontée avec respect pour le contexte dans lequel cet objet a vu le jour.
BURA Urne funéraire phallique (93 cm)
Une urne sphérique massive en terre cuite (3e-11e s., 93 cm), haut perchée, de la culture Bura-Asinda-Sikka, à la frontière entre le Niger et le Burkina Faso - exposée à la base, entièrement recouverte de bandes géométriques complexes et rouillées. La pièce la plus haute de la série (voir collection n° 81, 96, 97).
1. La nécropole antique du Sahel
Cette urne appartient à la culture archéologique Bura-Asinda-Sikka (3e-11e siècle) - un cercueil antique.
- Inhumation secondaire: Les Bura pratiquaient l'inhumation secondaire. Une fois la chair originelle décomposée, les os et le crâne restants étaient placés dans la tige creuse et plantés à la verticale dans le sol dans d'immenses "cités des morts"
2 Le symbolisme de la renaissance
La forme manifestement sphérique et phallique est tout à fait intentionnelle. Dans la cosmologie primitive de l'Afrique de l'Ouest, la mort était considérée comme un retour à la terre pour permettre une nouvelle vie. En enterrant les ancêtres dans des vases phalliques, les Bura replantaient symboliquement la semence vitale du défunt dans la terre et assuraient ainsi la fertilité continue et la survie de la descendance vivante.
3. La texture de l'identité
Il n'y a pas deux urnes Bura exactement identiques. Les fascinants motifs de surface obtenus en roulant des fibres tressées, des roulettes de bois sculptées et des coquillages sur l'argile humide servaient de registre de clan, identifiant la lignée spécifique, la richesse et le statut social de la personne qui y était enterrée.
Résumé
Cette urne Bura, la plus grande de la série avec ses 93 cm, est un monument spectaculaire de l'archéologie africaine ancienne. Elle réunit les concepts de mort et de fertilité masculine dans une graine éternelle en terre cuite richement décorée, plantée dans le sol sahélien.



