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Notes

DOGON Bâton d'autel homme-animal avec lézard et cloches (jumeau avec 983, édition "DOGON", attribué au 19e siècle, 63 cm)

Le pendant de l'article 983, l'une de deux barres de fer haut perchées aux pointes complexes et multi-figuratives, sur lesquelles un homme abstrait interagit avec un animal lézardé ondulant qui s'agrippe à l'axe central, complète avec des cloches coniques suspendues. Elle présente une croûte d'oxyde de fer sèche, profonde et fortement structurée.

1. Style esthétique et spécificités régionales

Ce bâton illustre la complexité narrative de la forge Dogon. Le forgeron (Jemme) a représenté un tableau inter-espèces sur un seul axe de fer. La scène montre une figure humaine et un lézard ou crocodile ondulant qui partagent le même plan spatial. Dans le mythe Dogon, le crocodile est le gardien de l'eau et le protecteur du Hogon, qui est étroitement lié au Nommo. Cette composition évoque la relation symbiotique entre l'homme et le monde animal originel, représentée par une étreinte de fer.

2. Fonction rituelle et incantation acoustique

En raison de sa taille (63 cm) et de son iconographie complexe, ce bâton est traditionnellement associé aux objets de prestige des prêtres. Il pouvait faire office d'autel vertical portable. Lors des grandes fêtes agricoles (comme le Bulu), le prêtre frappait le bâton contre la terre. Le lézard qui s'accrochait au bâton invoquait visuellement la protection des esprits de l'eau, tandis que le tintement des cloches en fer suspendues servait de déclencheur acoustique, destiné à ouvrir les canaux de communication entre les fidèles terrestres et le royaume des ancêtres.

3. Patine physique et indices d'ancienneté

La conservation de ce bâton en paire avec la pièce 983 — de dimensions similaires — constitue un ensemble remarquable sur le plan ethnographique. Les deux pièces présentent une patine concordante : une croûte sèche, très structurée et friable de rouille brun foncé et orange. Cela suggère qu'elles ont pu être conservées dans un environnement similaire, présentant une usure compatible avec une datation du 19e siècle. Leur provenance commune de la collection de René Salanon appuie l'hypothèse de reliques préservées issues d'un sanctuaire dogon.

Résumé

Ce bâton, qui représente un récit mythologique sur la dualité de l'homme et du reptile, témoigne du design structurel et acoustique Dogon. Ses dimensions, proches de celles du numéro 983, et sa patine de rouille compatible avec le XIXe siècle suggèrent son importance au sein d'un sanctuaire.

Documentation: publié dans "DOGON".

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