BAMUM Récipient royal en forme d'éléphant avec couvercle
Ce récipient de cérémonie massif, sculpté dans un bois lourd et sombre, a la forme d'un éléphant aux défenses stylisées et incurvées et aux grandes oreilles recourbées, qui porte un cavalier humain sur son couvercle bombé. Le cavalier porte une prestigieuse coiffe ornée de véritables plumes, tandis que de petites figurines en haut relief se blottissent contre les flancs de l'éléphant.
1. style esthétique et emblèmes royaux zoomorphes
Ce récipient est une expression monumentale de l'iconographie royale bamum, dans laquelle l'éléphant est la métaphore ultime de la force inattaquable, de la mémoire et de la présence terrifiante du Fon. Le style de sculpture est robuste et très volumétrique, mettant en avant la courbe massive et bombée de la tête de l'éléphant et la géométrie incurvée des oreilles. Les personnages secondaires qui s'accrochent au récipient représentent l'entourage de la cour et montrent que le roi (le cavalier) est soutenu par son peuple, mais qu'il s'élève au-dessus de celui-ci par son association avec l'animal le plus haut de la forêt.
2 Fonction rituelle et hospitalité royale
Dans le royaume bamum, des récipients zoomorphes massifs comme celui-ci étaient utilisés pour conserver le vin de palme lors des grandes cérémonies d'État, des fêtes agricoles et des successions royales. Le vin de palme est le liquide vital de la communauté sociale et spirituelle dans les pays d'herbe, et le servir dans un récipient royal en forme d'éléphant était un acte de théâtre politique profond qui rappelait à la population la générosité sans limite et le pouvoir absolu du roi. La présence du couvercle, surmonté d'une figure de chef, garantissait que le liquide sacré était protégé de toute contamination spirituelle.
3. patine, altération des matériaux et preuve de l'âge
Le récipient présente une patine profonde et incrustée, caractéristique des objets qui ont été imprégnés à plusieurs reprises de vin de palme, d'huile de palme et de poudre de bois rouge. L'extérieur présente d'importantes fissures de dessiccation et des signes d'usure douce sur les anses et le bord du couvercle, ce qui suggère une utilisation étendue dans des environnements rituels. La survie de la parure de plumes, probablement ajoutée par les autochtones, associée au bois fortement oxydé, suggère une utilisation active au début ou au milieu du 20e siècle.
Résumé
Ce récipient est un chef-d'œuvre impressionnant de l'art courtois des Grassfields, qui combine sans transition un design fonctionnel avec une symbolique politique écrasante. Ses dimensions imposantes, sa sculpture en relief complexe et sa patine rituelle authentique en font une pièce maîtresse de toute collection d'art africain importante.

