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Notes

TIKAR Ceremonial Ornate Swords (paire, peut-être Mofam)

Ces épées monumentales de cérémonie sont forgées dans un fer lourd et accentuées de bronze. Elles ont de larges lames en forme de feuilles qui se rétrécissent jusqu'à une pointe. Leurs poignées ouvragées et ajourées et leurs fourreaux richement décorés sont ornés de motifs géométriques, de plusieurs cloches de bronze pendantes et de figures humaines miniatures.

1. style esthétique et splendeur guerrière

Ces épées massives de 160 cm de long brouillent la frontière entre les armes et les bijoux de grande taille. Les forgerons Tikar ont traité la lame de fer comme une toile pour des décorations élaborées. Les poignées et les fourreaux témoignent d'une maîtrise de la technique mixte qui allie la force du fer forgé à la délicatesse de la cire perdue des cloches et des figurines en bronze. L'esthétique est conçue pour un impact visuel et sonore important ; chaque mouvement de l'épée crée un ensemble de sons émis par les cloches attachées et attire l'attention sur le porteur.

2. fonction rituelle et danse du pouvoir

Des épées de cette taille et de ce poids démesurés ne semblaient pas adaptées au combat réel. Ces pièces s'apparentent aux épées mofam ou aux épées royales de bourreau, traditionnellement associées aux représentations cérémonielles, aux danses guerrières et aux exécutions d'État. Lorsqu'un roi Tikar ou Bamum apparaissait en public, il pouvait être flanqué d'acolytes qui portaient ces lames massives pour signaler visuellement son pouvoir de vie et de mort. Les cloches fixées avaient une fonction acoustique : elles sonnaient pour éloigner les esprits malveillants et avertir la population de baisser les yeux en présence de l'autorité royale.

3. patine, altération des matériaux et preuve de l'âge

Les lames de fer présentent une oxydation profonde et stable de couleur bleu-noir (magnétite), typique des fers de Bloomery riches en carbone, entretenus au fil des générations et dépourvus de rouille active et destructrice. Les éléments en bronze présentent une patine brun laiton vieillie contrastée, avec du vert-de-gris dans les creux. Les liens de cuir et de fibres qui maintiennent les éléments du fourreau sont fortement asséchés et raidis, ce qui suggère que ces objets ont été préservés depuis l'époque historique du règne du royaume de Grasfeld.

Résumé

Ces épées monumentales se présentent comme des exemples remarquables d'art de cour, combinant des dimensions imposantes avec un travail élaboré du métal. Elles s'inscrivent comme des témoignages significatifs du pouvoir performatif de la cour royale tikarienne.

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