BAMUM Small Ancestor-Communicator Figures (Njimem Chiefdom - Father/Grandfather Inheritance)
Deux petites figurines lourdes, semblables à des pierres, sculptées ou modelées dans des formes très abstraites et arrondies. Elles présentent des traits du visage creusés à peine reconnaissables et des membres émoussés, et évoquent une esthétique brute et primitive.
1. style esthétique et réduction originelle
Ces petites figurines, issues de l'ancienne chefferie Njimem, contrastent fortement avec les sculptures en bois élaborées et en haut relief de la cour Bamum. Leur esthétique se caractérise par une réduction extrême et originelle. Les formes sont arrondies, lourdes et presque informes, rappelant les pierres naturelles des rivières, légèrement transformées en une forme humaine. Cette absence délibérée de détails raffinés en dit long sur une vision du monde profondément animiste, où l'on croit que la force spirituelle réside davantage dans la masse brute et non travaillée que dans les ornements artistiques délicats et ostentatoires.
2 Fonction rituelle et communicateur des ancêtres
Dans le paysage politique et spirituel complexe de la chefferie Njimem - l'une des plus anciennes du Grassland camerounais, dont la dynastie Njikoumnjouo peut être retracée jusqu'au 14e siècle - ces figurines discrètes, semblables à des pierres, faisaient office de moyens de communication vitaux et directs avec le monde des esprits. Elles étaient utilisées par les chefs de clan pour établir un contact symbolique avec les ancêtres. Qu'il s'agisse de petits problèmes quotidiens ou de problèmes importants pour la communauté, le chef se servait de ces petites figurines comme d'un médium concentré, en transférant les demandes de la communauté sur la pierre et en attendant de recevoir une réponse silencieuse et directive de la part des ancêtres.
3 Patine, altération des matériaux et preuve d'âge
Les objets présentent une surface très ancienne et fortement érodée. Selon l'homme de confiance du chef, Amidou Kouandou, ces figurines ont été héritées du père ou du grand-père de l'actuel chef, de sorte qu'elles ont été utilisées activement pendant une bonne partie du 19e ou du début du 20e siècle. La plupart de ces objets datent du XIXe siècle. Les extrémités complètement lissées et non fonctionnelles, ainsi que la patine dense et condensée due à des années de manipulation, de contact avec la terre et d'éventuelle onction rituelle, confirment leur histoire en tant qu'outils de communication ancestrale très appréciés et transgénérationnels.
Résumé
Ces petites figurines, semblables à des pierres, dépouillées de tout superflu décoratif, sont des concentrés profonds des croyances animistes des Bamum. Leurs formes très usées et ancestrales servaient de canaux directs, tenus à la main, vers la sagesse des ancêtres Njimem.

