BAMUM Royal Earth-Taboo Footrest (Mayap - Decapitated-Enemy Head Between Mythical Beasts)
Une plateforme en bois sculpté avec une surface supérieure plate et rectangulaire supportée par deux animaux mythiques différents et tachetés (probablement des léopards) qui regardent vers l'extérieur. Directement entre les corps des animaux se trouve une tête humaine sculptée.
1. style esthétique et architecture de la soumission
Cette pièce de la chefferie mayap est un brillant exemple d'architecture royale fonctionnelle. L'esthétique est entièrement déterminée par l'iconographie de la domination. Comme le confirme Hornek, l'artiste a sculpté la pièce de manière à ce que les pieds du chef reposent directement sur le dos des deux animaux fabuleux tachetés (probablement des léopards), ce qui subordonne visuellement les créatures les plus dangereuses de la forêt. La sculpture est audacieuse et fortement pigmentée, les taches des léopards étant clairement définies. La tête décapitée de l'ennemi, coincée entre les animaux, confère à la composition une ancre féroce et symétrique.
2 Fonction rituelle et tabou royal
Comme le documente explicitement Hornek, "traditionnellement, seuls les chefs de clan les plus importants n'avaient pas le droit de poser leurs pieds sur le sol. C'est pourquoi un repose-pieds était placé devant leur trône" Ce repose-pieds répondait à cette exigence rituelle (cf. objet 202 - trône de perles Kounden avec pantoufles de tabou de terre, une solution alternative pour le même tabou). Mais le repose-pieds était également une arme psychologique. Comme le confirme explicitement Hornek, "la tête entre les animaux représente un ennemi décapité et devait exprimer l'autorité du chef à l'extérieur" - un rappel dissuasif et bien visible du pouvoir absolu du chef sur la vie, la mort et la conduite de la guerre pour tous ceux qui s'approchaient du trône.
3. patine, altération des matériaux et preuve de l'âge
Le dessus du repose-pied présente une usure extrême et lissée. Le bois est poli jusqu'à obtenir une finition sombre et brillante, à l'endroit même où les pieds du chef auraient pu se reposer pendant des heures lors de longues audiences royales. Les pigments peints sur les léopards se sont fortement estompés et ont été érodés dans les zones de forte friction. La poussière et la suie du trésor se sont accumulées pendant des décennies dans les profondes fissures autour de la tête décapitée, ce qui témoigne pleinement de son histoire en tant que meuble très sollicité de l'État mayap.
Résumé
Ce repose-pied royal est une manifestation architecturale brutale et belle du "tabou de la terre" bamumien En appuyant ses pieds sur des animaux mythiques et des ennemis abattus, le chef mayap a transformé un simple tabouret de pied en un chef-d'œuvre de guerre psychologique.

