Chapeau de danse à plumes BAMUM (Tam Mayoh-Mabouo - danseur non masqué + couronne de musicien)
Une coiffure dense et très volumineuse, entièrement composée de plumes naturelles d'oiseaux soigneusement disposées. Les plumes passent de motifs clairs et mouchetés près de la base à de longues plumes sombres et incurvées à l'extrémité.
1. style esthétique et volume cinétique
Ce chapeau de danse de la chefferie Tam Mayoh-Mabouo utilise uniquement des matériaux naturels et organiques pour modifier de manière spectaculaire la silhouette humaine. L'esthétique se concentre sur le volume cinétique plutôt que sur une sculpture rigide. La disposition minutieuse des plumes - avec des couleurs naturelles contrastées et des longueurs échelonnées - crée une couronne massive et florissante qui capte le vent et réagit à chaque mouvement du porteur. Au cours d'une danse endiablée, les plumes se dilatent et oscillent, renforçant l'énergie et la présence de l'actrice bien au-delà de sa taille physique.
2. fonction rituelle et la couronne de musicien
Lors de la représentation traditionnelle du bamum, tous les participants ne portent pas un lourd masque en bois sculpté. Comme Hornek le documente explicitement : "La tenue traditionnelle pour les danses comprend - lorsqu'on ne porte pas de masque - un chapeau de danse en plumes qui est enfoncé sur la tête. Les musiciens qui accompagnent la fête portent presque toujours un chapeau de danse à plumes" Le chapeau à plumes est ainsi le couvre-chef habituel et prestigieux des danseurs non masqués et des musiciens royaux. Le port de ces chapeaux à plumes haut perchés permettait de mettre en valeur visuellement les musiciens et les danseurs, ce qui les distinguait de la foule ordinaire et soulignait leur rôle important dans la réalisation du défilé spirituel et solennel de la chefferie.
3 Patine, altération des matériaux et preuve d'âge
La conservation des plumes organiques pendant des décennies est extrêmement difficile sous le climat africain, c'est pourquoi l'état de ce chapeau est très révélateur. Les plumes présentent une texture sèche et cassante, et leur éclat d'origine s'estompe naturellement. La coiffe intérieure tissée, qui était directement appliquée sur la tête de la danseuse, est fortement assombrie et raidie par la sueur historique et les huiles capillaires. Cette usure biologique, associée aux bords fragiles et légèrement déchiquetés des plumes les plus longues, témoigne de leur utilisation authentique lors des fêtes énergiques de la cour Mabouo.
Résumé
Ce chapeau de danse en plumes est une belle extension cinétique de la forme humaine. Porté par des danseurs non masqués et des musiciens royaux, il documente parfaitement l'énergie pulsative et rythmique des fêtes de l'État bamum avec ses plumes évasées et sa base en sueur.

