BAMUM Portrait-masque souriant recouvert de cuir (Madiembi - Licence possible de membre de tribu)
Un masque de casque en bois sculpté très expressif, entièrement recouvert de cuir animal (peau de chèvre) sombre et tendu. Les yeux sont fortement cernés de kaolin blanc et la bouche est légèrement ouverte, de sorte que les dents blanches affichent un sourire clair et réaliste.
1. style esthétique et portraits recouverts de peau
Ce masque issu de la chefferie Madiembi utilise la technique sophistiquée et hyperréaliste de recouvrement de la peau typiquement associée à la région de Cross River (cf. 241+242 masques Kouoboum recouverts de peau + 277 figure de pouvoir Tam-Mayoh-Mabouo recouverte de cuir + 209 masque de prestige Mabouo). Comme l'indique explicitement Hornek, "le fait de recouvrir les masques de cuir, le plus souvent de peau de chèvre, confère aux traits du visage une note particulière" Lecture spécifique de Hornek : "Les yeux cerclés de kaolin et la bouche légèrement ouverte avec des dents blanches ainsi que les traits du visage carrément souriants confèrent au masque une vivacité naturelle"
2. fonction rituelle et l'avatar exotique
Hypothèse littérale de Hornek : "Il se peut qu'il ne s'agisse pas de la représentation anonyme d'une tête humaine quelconque, mais - compte tenu des particularités des traits du visage - de l'image d'un membre de la tribu" Ce modèle de portrait individualisé présente des parallèles avec l'objet 277 (Tam-Mayoh-Mabouo). La présence d'un masque recouvert de peau dans la région centrale du Bamum suggère une importation exotique très prisée ou le travail d'un maître sculpteur itinérant (la mobilité inter-fleuve vers le Bamum est documentée en 241+242). En raison de sa construction inhabituelle et de son aspect naturel et non menaçant, elle n'a pas été utilisée par les sociétés secrètes agressives et réglementatrices pour répandre la peur.
3. patine, altération des matériaux et preuve de l'âge
L'état du cuir de chèvre est la preuve ultime de son authenticité. Au fil des décennies, le cuir s'est durci pour former une croûte profonde, cassante et noircie. Dans les zones de forte tension structurelle - arête du nez, joues et lèvres souriantes - la peau présente des microfissures historiques et un rétrécissement naturel, exposant le bois oxydé sous-jacent. Le pigment blanc de kaolin est poudré et authentiquement estompé. L'intérieur du casque présente les traces de frottement lisses et huileuses dues aux passages répétés sur la tête d'une danseuse.
Résumé
Ce masque-casque recouvert de peau est une anomalie exotique époustouflante au sein du répertoire bamum. Son réalisme inquiétant et charnu ainsi que sa représentation chaleureuse et souriante en font un artefact de musée très respecté de la mascarade de Grassfield.

