Chapeau de danse BAMILEKE (couronne d'osier en mosaïque de perles avec sommet zoomorphe - échange intertribal du festival)
Un chapeau cylindrique dont la base en osier tressé est fortement décorée d'une mosaïque géométrique de perles de verre. Le sommet est surmonté de deux créatures mythiques (probablement des léopards ou des caméléons) fortement stylisées et recouvertes de perles, avec des queues démesurément longues et pendantes en tissu et perles.
1. style esthétique et zoomorphisme cinétique
Ce spectaculaire chapeau de danse est un triomphe de l'art décoratif bamiléké. La structure sous-jacente en osier ne sert que de toile pour la broderie de perles vives et contrastées. L'esthétique se veut joyeuse et cinétiquement attrayante. Les deux créatures fabuleuses sur la couronne sont fortement stylisées, mais leur caractéristique la plus frappante est la longue queue incurvée qui pend à l'arrière du chapeau. Au cours d'une danse de fête endiablée, ces queues se balanceraient et s'envoleraient vers l'extérieur, allongeant dramatiquement la silhouette du danseur et créant un spectacle hypnotisant et vibrant de couleurs et de mouvements.
2 Fonction rituelle et diplomatie de la joie
Comme les chapeaux de perles de l'article 290, cet objet était un instrument de pure célébration. Il était porté lors de fêtes dynamiques et alcoolisées, où la joie de vivre était au premier plan, et procurait davantage de bonheur que l'horreur associée aux masques à bandeau secret. Fait décisif, ce chapeau bamiléké a été retrouvé en possession de Nji Nkoussam, une personnalité de haut rang du sultanat bamoum de Foumban. Il s'agit d'un témoignage physique parfait des échanges diplomatiques de l'élite. Le notable bamum portait avec fierté le chapeau de fête d'une tribu voisine, ce qui souligne l'échange pacifique et transculturel des traditions festives au sein des Grassfields.
3. patine, altération des matériaux et preuve de l'âge
Le chapeau présente une usure performative très authentique. Les perles de verre présentent une décoloration et un ternissement subtils et irréguliers, causés par l'intensité du soleil africain dans le passé. La base organique tressée a perdu son intégrité structurelle rigide et s'est ramollie sous le poids massif des perles et l'effort physique de la danseuse qui les porte. Le bord intérieur et les queues de tissu sont profondément tachés de sueur historique, de poussière et d'huiles capillaires, preuve irréfutable d'une utilisation active et joyeuse par les Bamum.
Résumé
Ce chapeau de danse bamiléké coloré est une célébration spectaculaire et cinétique de la joie des Grassfields. Échangées au-delà des frontières tribales, ses perles décolorées par le soleil et ses queues balancées documentent parfaitement la diplomatie commune et festive des hauts plateaux camerounais.

cimier ou masque d'épaule (appelé BATCHAM ou TSEMABU)

tabouret rituel

lamellophone
