BAOULE Pendentif-masque en laiton prestige avec coiffe rayonnante (Côte d'Ivoire, 1ère moitié du 20e siècle, 9 cm, laiton)
Ce petit masque en laiton coulé représente un visage humain idéalisé et serein, avec des yeux fermés et obliques, un petit bouc et une coiffe rayonnante en demi-cercle. Le métal présente un ton chaud de laiton doré, délicatement bruni dans les parties hautes et oxydé de manière plus foncée dans les creux profonds.
1. Style esthétique - la maîtrise de la baoule cire perdue
Les Baoulé de Côte d'Ivoire sont connus pour produire certains des objets en métal les plus fins d'Afrique de l'Ouest. Ce pendentif prestigieux est une exécution soignée de la technique de fonte à la cire perdue. L'artisan a capturé les canons des idéaux esthétiques baoulé : le visage équilibré, les yeux clos et dignes qui suggèrent la paix intérieure et l'intelligence, et le cimier ajouré détaillé qui représente une coiffure élitiste. La précision des cheveux tressés et de la minuscule barbe proéminente témoigne d'un savoir-faire métallurgique s'apparentant à la fabrication de bijoux fins.
2. Fonction rituelle - poids d'or, prestige et ornement royal
Contrairement aux masques en bois utilisés lors des danses villageoises dynamiques, les petits masques en laiton comme celui-ci étaient des objets de parure d'élite personnelle et concentraient la richesse. Historiquement liés à la tradition des poids d'or des Akan, de tels pendentifs étaient portés par les chefs baoulé, les devins et les personnalités aisées lors des cérémonies d'État importantes, des fêtes et des funérailles. Suspendues à un cordon autour du cou ou fixées à un couvre-chef de cérémonie, les pièces de laiton brillantes captaient la lumière du soleil et transmettaient visuellement le statut social élevé du porteur, sa sophistication et la bénédiction protectrice des ancêtres.
3. Patine physique - brunissage tactile et oxydation en creux
La patine de ce pendentif en laiton est un témoignage de son histoire en tant qu'objet de prestige porté. Les points les plus élevés du visage - le front, l'arête du nez et les pointes de la coiffe - ont été naturellement polis en un reflet lisse et doré par le contact avec la peau humaine et le tissu tissé. En revanche, une couche sombre et stable d'oxydation du cuivre et de poussière atmosphérique s'est accumulée sur les lignes filigranes et en creux de la chevelure et sur l'arrière du masque. Ce contraste entre les reflets polis et les creux sombres souligne la tridimensionnalité de la fonte.
Résumé
Ce pendentif en laiton de Baoulé est un exemple remarquable de la métallurgie ouest-africaine et de l'art du portrait idéalisé. Son exécution soignée à la cire perdue, combinée à une patine dorée, en fait un artefact représentatif du prestige ivoirien.

masque (collecté à Abidjan)

masque (appelé GOLI)

statue simienne (appelée MBOTUMBO ou GBEKRE)
