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Notes

BWA Bansonyi Masque de serpent vertical, 496 cm - Monumental avec des motifs géométriques noirs/blancs/rouges (Burkina Faso, 1ère moitié du 20ème siècle, bois)

Cet incroyable masque Bansonyi de 496 cm de haut (presque 16 pieds) montre un petit visage rond avec des yeux concentriques à la base, qui s'incurve vers le haut en une planche massive en forme de vague et de zigzag. Toute la surface est richement peinte de triangles et de chevrons géométriques noirs, blancs et rouges très contrastés.

1. Style esthétique - l'abstraction graphique des bansonyi

Le peuple Bwa du Burkina Faso est le maître incontesté de l'abstraction graphique bidimensionnelle de grand format. Ce masque monumental Bansonyi est une représentation époustouflante d'un énorme serpent surnaturel. En sculptant les bords de la planche surélevée en zigzags aigus et en peignant la surface plane de triangles alternés et contrastés, le sculpteur crée la forte illusion optique d'un serpent serpentant et cinétique, même lorsque le masque est parfaitement immobile. La géométrie n'est pas seulement décorative ; les damiers et les lignes en zigzag sont un texte moral lisible qui représente la séparation de la lumière et des ténèbres, du savoir et de l'ignorance.

2 Fonction rituelle - le culte Do et le serpent gardien

Le serpent massif représenté ici n'est pas un animal profane, mais un esprit de la brousse puissant et bienveillant utilisé par la communauté religieuse Do. Lors des cérémonies de purification et des rites d'initiation, le masque Bansonyi est dansé au crépuscule ou à la lumière du feu. Le danseur, dissimulé sous un épais raphia, doit faire preuve d'une force herculéenne pour tenir en équilibre la planche de 5 mètres de long. Pendant que le danseur se déplace, le serpent haut perché semble se tordre et frapper le ciel pour nettoyer activement l'espace aérien du village de toute sorcellerie malveillante et s'assurer que les frontières spirituelles de la communauté restent impénétrables.

3. Patine physique - technique de maître et usure du pigment

La réalité structurelle de la sculpture d'une planche de bois de près de cinq mètres de long, suffisamment fine pour être portée, mais suffisamment solide pour ne pas se briser lors d'une danse agressive, est un exploit étonnant d'ingénierie traditionnelle. La patine sur ce masque confirme son âge historique. Les pigments remarquables et contrastés se composent de suie locale, de terre rouge et de craie kaolinique. Dans la première moitié du XXe siècle, ces couleurs naturelles se sont fortement ternies et présentent, aux endroits où la danseuse a agrippé le socle, d'importants écaillages et abrasions organiques qui témoignent d'une vie spectaculaire et active dans la savane voltaïque.

Résumé

Ce masque Bwa Bansonyi de près de 5 mètres de long est un exploit stupéfiant d'ingénierie et de conception optique burkinabè, transformant sa forme serpentine en un monument supérieur de moralité graphique. Son abstraction immaculée et contrastée et ses dimensions gigantesques en font un trésor ethnographique incomparable de rang muséal.

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