Ce que cet objet nous raconte.
Ancrée dans les recherches de terrain, les fonds muséaux et la littérature spécialisée — racontée avec respect pour le contexte dans lequel cet objet a vu le jour.
YORUBA Figurine de maternité ivoire
Une maternité en ivoire agenouillée (1ère moitié du 20e siècle, 18 cm) des Yoruba du Nigeria - la mère berce un petit enfant, avec des yeux à bourrelets caractéristiques des Yoruba, de grandes oreilles, une coiffure structurée effilée, l'ivoire profondément saturé d'une riche patine à l'huile brun-rouge.
1. Le prestige de l'ivoire dans le pays yoruba
Chez les Yoruba, l'ivoire est un matériau sacré strictement protégé.
- Associations sacrées: Associé à la pureté, à la longévité et à l'Orisha Obatala, le créateur des corps humains, les objets en ivoire ont une valeur symbolique divine.
- Commande de l'élite: La sculpture d'une figurine de maternité en ivoire l'élève d'un objet de sanctuaire ordinaire au plus haut niveau de prestige, probablement commandée par une famille royale aisée ou un devin à succès. La tête surdimensionnée (qui reflète ori inu, la force spirituelle intérieure) est remarquablement adaptée à la courbe naturelle de la défense.
2 Ikunle et la bénédiction des enfants
Le personnage est représenté dans la position ikunle (à genoux) - le geste yoruba ultime de respect et de supplication.
- Vénérable idéale: Elle représente la vénérable parfaite qui remercie pour la bénédiction d'un enfant ou qui demande aux esprits une naissance sans risque.
- Autel de Yemoja/Oshun: Sur les autels dédiés aux divinités de l'eau et de la fertilité Yemoja ou Oshun, la figurine sert de prière physique perpétuelle pour la continuité de l'arbre généalogique.
3. Osun et patine saturée
La patine est fondamentalement différente de l'altération de couleur miel des ivoires de la cour du Bénin.
- Saturation rougeâtre du bois rouge: La couleur brun-rougeâtre profonde est obtenue par un frottement constant avec de l'osun (bois rouge pulvérisé), mélangé à de l'huile de palme lors des rituels de sanctuaire.



