Masque YORUBA Epa (150 cm - Festival Yoruba du Nord, tradition de concours familial d'artisanat nommé)
Un masque-casque en bois colossal de 150 cm de haut. La partie inférieure forme un grand visage grotesque, tandis que la structure massive représente une figure éminente de cavalier (un cavalier sur un cheval ou une mule), entièrement entourée d'un cortège dense de petits serviteurs sculptés.
1. le style esthétique et la superstructure surélevée
Cette sculpture écrasante est un masque classique Yoruba-Epa, considéré comme l'un des types de masques les plus massifs et structurellement complexes d'Afrique. L'esthétique est divisée en deux moitiés distinctes. La moitié inférieure est un casque en forme de pot avec un visage stylisé et abstrait qui regarde vers le monde spirituel. La partie supérieure est une explosion de sculptures narratives ; l'artiste a créé un tableau haut perché à figures multiples, dominé par la figure centrale du cavalier. Comme le fait remarquer Hornek, seuls des artisans triés sur le volet sont autorisés à réaliser ces masques - et certains de ces artisans sont sortis de l'ombre de l'anonymat pour se faire connaître nommément au-delà des frontières de leur groupe, ce qui est "assez inhabituel pour les sculpteurs africains"
2. fonction rituelle et performance acrobatique
La fête de l'Epa, qui a lieu tous les ans ou tous les deux ans dans les communautés yoruba du nord, est un test profond d'endurance physique et mentale. Comme le confirme Hornek, la fête dure plusieurs jours ; les familles locales rivalisent pour savoir qui pourra se représenter avec le masque le plus beau et nécessitant le plus de travail. Les masques sont nettoyés, réparés et embellis avec des couleurs avant d'être présentés comme des pièces d'exposition prestigieuses. Hornek souligne les étonnantes exigences physiques : il est "difficile d'imaginer que de jeunes danseurs masqués puissent danser et réaliser des acrobaties avec des masques-casques aussi lourds et surdimensionnés sur la tête" Les fêtes rappellent le passé par la danse et la présentation de masques et renforcent la cohésion sociale au sein de la communauté.
3. patine, altération des matériaux et preuve de l'âge
Le bois porte une patine complexe et multicouche. Les pigments multicolores avec lesquels sont peints le cavalier et ses compagnons se sont fortement écaillés et décolorés sous l'effet du soleil nigérian et des intempéries pendant les festivités qui durent plusieurs jours. L'intérieur du casque massif en forme de pot présente de fortes traces d'usure lissées et s'est fortement assombri en raison de la transpiration intense et du frottement physique de la tête de la danseuse. Des réparations historiques indigènes et des fissures naturelles d'assèchement le long de la base massive confirment qu'il a survécu à des générations d'utilisation hautement cinétique et physiquement exigeante.
Résumé
Ce masque Epa colossal est une fusion époustouflante de sculpture monumentale et de performance physique extrême. Sa structure équestre surélevée et son intérieur fortement transpiré en font un artefact de musée de la communauté yoruba et de l'artisanat de renom.



